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Les adhésions syndicales à la hausse, boostées par la situation sociale

Les demandes d’adhésion à FO ont beaucoup progressé ces derniers mois. Un phénomène qu’il faut bien sûr relier au mouvement sur les retraites mais rendu possible par un travail de fond des syndicats et de la confédération auprès des salariés.


Des demandes d’adhésions en hausse, un public renouvelé, une fréquentation des sites Web qui grimpe, des réseaux sociaux qui chauffent, des syndicats davantage sollicités... En cette période de mouvement social contre la réforme des retraites, tous les signaux confirment un regain d’attractivité pour FO.

Nous recevons une douzaine de demandes d’adhésion par semaine contre deux ou trois en temps normal, déclare Philippe Mano, secrétaire général de l’union départementale (UD) FO de Gironde. Même chose à l’UD-FO de l’Isère, dont le secrétaire général, Philippe Beaufort, signale une vingtaine de demandes d’adhésion par semaine. Les travailleurs sont —logiquement— encore plus nombreux à solliciter leur adhésion en utilisant le site de la confédération. 2 135 demandes depuis début janvier alors qu’en temps normal nous en recevons en moyenne 3 300 sur la totalité de l’année, explique Cyrille Lama, secrétaire confédéral en charge du secteur de la presse et communication.

Rien qu’au cours des premières semaines de 2023, le niveau des demandes d’adhésions adressées à la confédération est quasi à la moitié de celui de 2022, qui était déjà une très bonne année de ce point de vue avec 4 700 demandes. Sans compter les bulletins d’adhésion papier que des manifestants demandent dans la rue ou directement dans les unions départementales et les syndicats. A noter que le site confédéral a connu en janvier sa plus forte fréquentation depuis... la loi travail de 2016.


Ils apprécient nos prises de positions claires


Comme il n’est pas possible d’adhérer directement à la confédération, les demandes personnes qui s’inscrivent sur son site sont transmises à l’union départementale dont ils relèvent, et à laquelle elles pourront adhérer. Nous rappelons systématiquement les personnes au téléphone. Il est frappant de constater qu’elles ne viennent pas vers FO pour un problème individuel avec leur employeur mais qu’elles sont portées par le mouvement contre la réforme des retraites, remarque Philippe Beaufort. Le plus souvent, un salarié se rapproche d’un syndicat parce qu’il est en conflit avec son employeur, rarement pour un conflit national.

Il peut aussi s’agir d’élus de CSE (comité social et économique) sans étiquette, qui veulent se rattacher à un syndicat car ils seront ainsi mieux soutenus, et qui choisissent FO parce qu’ils apprécient nos prises de positions claires, exprimées par l’UD ou par la confédération, explique le militant. Actuellement, beaucoup d’entreprises sont en phase de renouvellement de leur CSE. A cette occasion, on voit arriver des demandes de salariés qui veulent porter une liste FO là où le syndicat n’est pas implanté et demandent à adhérer, explique Cyrille Lama.


Il rappelle aussi que l’augmentation des demandes d’adhésion sont en progression constante depuis septembre 2022, au moment où la confédération a mené une grande campagne sur l’augmentation des salaires. A l’aéroport de Mérignac, près de Bordeaux, c’est précisément un conflit sur les salaires qui a été l’élément déclencheur. En juillet 2022, l’UD est venue prêter main forte aux salariés, raconte Philippe Mano. Le 13 décembre dernier, un syndicat FO a vu le jour dans cet aéroport.


D’abord adhérents puis très vite, militants actifs


Pouvoir d’achat, retraites, CSE, point d’indice des fonctionnaires, temps de travail des territoriaux, crise du Covid, faillite d’entreprises emblématiques comme Place du marché, ou encore Camaïeu, San Marina... Les sujets de mécontentements s’accumulent dans les entreprises comme dans les services publics. Après la crise du Covid, les gens attendaient un geste en faveur de leur rémunération, or on leur annonce qu’ils vont travailler deux ans de plus. Les salariés ont l’impression qu’ils paient la crise et le quoi qu’il en coûte, analyse Cyrille Lama.

Cette situation sociale d’exaspération porte plus encore les salariés vers le syndicalisme. Nous bénéficions d’une image positive. Malgré des années de syndicalisme bashing, les gens voient que nous sommes des personnes responsables et capables d’organiser un rapport de force, analyse Philippe Mano. L’unité affichée depuis le début du mouvement contre les retraites renforce encore l’image des syndicats auprès des salariés. Selon un sondage Ifop paru récemment dans le JDD, ce sont eux qui incarnent le mieux l’opposition à la réforme.

C’est aussi un public nouveau qui prend attache avec FO. Dans la rue, on voit des gens qui ne s’étaient jamais mobilisés auparavant, constate Cyrille Lama. Le secrétaire confédéral à la communication remarque aussi que l’affiche de FO dénonçant + deux ans ferme pour tout le monde obtient un grand succès auprès des jeunes sur les réseaux sociaux. Un public qui s’intéresse peu au syndicalisme en temps normal. Dans les cortèges, il y a des salariés du public et du privé, des jeunes, des étudiants et des lycéens, beaucoup de salariés sans étiquette syndicale, confirme Philippe Beaufort, de l’UD FO de l’Isère. A nos stages découvertes, organisés pour nos adhérents, participent des jeunes femmes enseignantes, des accompagnantes d’élèves en situation de handicap, alors qu’en temps normal, le public est plutôt composé d’adhérents hommes aguerris, raconte Philippe Mano. Il signale également que les permanences juridiques du syndicat sont davantage sollicitées. Le secrétaire général de l’UD-FO de Gironde constate une autre nouveauté : ces adhérents deviennent très rapidement des militants actifs sur le terrain.

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